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Aux origines du sport moderne 1896-1900

À la fin du XIXe siècle, la France s’inspire de la Grande-Bretagne où les élites étudiantes, aristocratiques ou issues du monde des affaires œuvrent à la fondation des premiers clubs sportifs. On assiste en France à la naissance en 1887 de l’Union des sociétés françaises des sports athlétiques, regroupant la plupart des sports britanniques pratiqués en France. Les sportifs issus de l’empire colonial français, originaires d’Afrique ou des Caraïbes y compris d’Haïti, vont participer à l’écriture de cette histoire comme à Paris, en 1906, où une quinzaine d’étudiants issus des colonies françaises forment une équipe de rugby de très bon niveau. Initiés par Pierre de Coubertin à partir de 1894, les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne ont lieu à Athènes en avril 1896 (les deuxièmes, ceux de 1900, seront organisés à Paris). Malgré la difficulté du voyage, deux cent quarante athlètes issus de quatorze pays se retrouvent en Grèce pour participer aux quarante-trois épreuves. Parmi les treize sportifs de la délégation française, deux sont d’origine grecque. Seule la victoire compte… Y compris pour les femmes dont la première participation — encore très timide devant les réticences du CIO — date des Jeux olympiques de 1900.

À cette occasion, c’est une migrante suisse devenue américaine qui, en voile, gagne la première médaille d’or de l’histoire de l’olympisme, Hélène de Pourtalès. Dès ces premiers Jeux olympiques athéniens, plusieurs étrangers participent sous les couleurs de la France et remportent quelques victoires. À l’image de l’athlète franco-grec Pierre-Alexandre Tuffèri qui gagne une des onze médailles françaises. Ils sont sept à décrocher un titre olympique quatre ans plus tard à Paris lors des secondes olympiades, à l’image de Michel Théato, de nationalité luxembourgeoise, qui devient le deuxième champion de l’histoire du marathon. Aux côtés de l’immigrant russe Vladimir Aïto , le Franco-Haïtien Constantin Henriquez de Zubiera devient même le premier «athlète de couleur» — comme le désigne la presse d’alors — à participer à des Olympiades. Il remporte deux médailles, en rugby et en tir à la corde, entrant alors dans l’histoire du sport mondial sous les couleurs de la France.

Toutefois, comme l’immense majorité des participants olympiques de cette époque, ces champions appartiennent tous à l’élite sociale ou étudiante. Parmi le million de travailleurs étrangers vivant en France, au début des années 1880, seule une poignée de coloniaux et d’Haïtiens pouvait alors accéder aux nombreuses sociétés sportives qui se développent. À l’aube du XXe siècle, l’olympisme fait ses premiers pas et le sport est encore majoritairement une pratique d’hommes, occidentaux et fortunés.

Focus événement

Les Jeux olympiques à Paris

Organisés la même année que l’Exposition universelle, les Jeux olympiques sont alors de simples «Concours internationaux d’exercices physiques et de sports», échelonnés entre avril et novembre. Le programme échappe alors au comité international olympique (CIO): pas de cérémonie d’ouverture, aucune affiche officielle, des épreuves insolites comme le tir à la corde ou la pêche à la ligne, sans compter la participation de sportifs normalement exclus en tant que professionnels… et de femmes, exclues pour les Jeux de 1896. Dans de nombreuses disciplines comme en voile et en aviron, en athlétisme, au polo ou encore en tennis, des médailles sont remportées par des équipes composées d’athlètes de différentes nationalités, brouillant totalement les repères nationaux, alors que l’athlète américain Alvin Kraenzlein, star de ces olympiades, revendiquant à l’occasion ses origines allemandes.


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