Memoire Combattantes

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Aujourd’hui |Mémoires et regards croisés

« L’armée doit être une émanation de la société dans toutes ses composantes, qui fédère en transcendant les particularismes ethniques, sociaux ou religieux. »

Général Elrick Irastorza, président de la Mission du Centenaire, 2001

Dès octobre 1977, un tombeau du soldat inconnu d’Afrique du Nord est inauguré par le président de la République dans la crypte du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais. Dix ans plus tard, sur le monument de Douaumont près de Verdun où figurent les noms de deux villes, Alger et Oran, Arezki Dahmani du mouvement France Plus (qui regroupe des Maghrébins engagés dans le processus électoral) dépose une gerbe et réclame un monument plus important… qui ne verra jamais le jour au regard de son coût. Vingt ans plus tard, Jacques Chirac inaugure à Verdun un nouveau monument, doublé d’une plaque à Douaumont, rappelant les sacrifices de 1916. À cette occasion, le président du CFCM, Dalil Boubakeur, déclare « c’est là que l’islam de France est né ». Depuis une dizaine d’années, mémoires et commémorations se croisent et s’entremêlent, alors que la place des Maghrébins — et des musulmans pour certains — dans la société française connaît une série de faits divers dramatiques : agressions et attentats contre des militaires, tags racistes sur des tombes d’anciens combattants maghrébins, mosquées visées par des inscriptions ou des attentats à la bombe, agressions de personnes voilées…

Dans le même temps, ce passé rencontre enfin le présent, comme à Toulon en 2004 en hommage au débarquement en Provence ou lors du cinquantenaire des indépendances en 2010 sur les Champs-Élysées. Pour autant, les enjeux autour des « décristallisations » des pensions militaires, portés par des hommes comme Lahcen Bahassi, traversent cette décennie. Il aura fallu attendre que le cinéma s’empare d’un tel sujet, avec le film Indigènes de Rachid Bouchareb en 2005, pour que ces mémoires dépassent les cercles militaires et fassent évoluer la question des pensions. À partir du 1er janvier 2007, une nouvelle politique en lien avec l’arrêt du 30 novembre 2001 du Conseil d’État est mise en place sous la conduite du ministre délégué aux Anciens combattants de l’époque, Hamlaoui Mekachera (2007). Enfin, avec le « jugement Mechti » (2008), une normalisation des statuts s’impose, qui déclare l’égalité des pensions entre les anciens combattants.

Aujourd’hui, l’armée française continue sa politique d’hommage mémoriel notamment par la mise en place d’expositions, comme celle inaugurée en 2012 aux Invalides sur la présence française en Algérie et de nombreuses autres qui ont transmis cette histoire : Nos Libérateurs, Toulon, Août 1944 (2004), le travail de la compagnie de théâtre Mémoires Vives avec la pièce À nos morts, ou encore l’exposition Harkis 1962-2012 à l’Hôtel national des Invalides (2013). De fait, les commémorations qui débutent, du Centenaire du 14 juillet à Longchamp (1913-2013) au Centenaire de la Première Guerre mondiale (2014-2018), du Cent-cinquantenaire de la présence des tirailleurs algériens au sein de la garde impériale (1863) au 70e anniversaire de la Libération du territoire national (1943-1945), seront autant d’« occasions exceptionnelles pour l’ensemble des Français rassemblés dans leur diversité et leur histoire partagée » de valoriser ces récits, comme l’a rappelé Kader Arif, le ministre délégué aux Anciens combattants au cours de l’été 2013.

 


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