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Le drôle de guerre et présence des suds

Au début de la Seconde Guerre mondiale, comme en 1914, la France compte sur les forces militaires de son empire colonial pour s’opposer à l’Allemagne et à l’Italie. Le ministre des Colonies, Georges Mandel, a développé un plan ambitieux pour faire venir en métropole « trois cent mille travailleurs pour l’effort de guerre ». De fait, en mai et juin 1940, quarante régiments venus d’Afrique du Nord sont engagés sur le front français. Huit mille tirailleurs et dix-neuf mille « ouvriers non spécialisés » arrivent d’Indochine entre l’année 1939 et le premier trimestre 1940. Quelques milliers de travailleurs maghrébins viennent également en renfort et les premiers régiments arrivent d’AOF : « Ioumanga Ouedraogo est un des tirailleurs qui sont venus en France par milliers pour défendre sur la ligne Maginot les frontières de leurs savanes et de leurs forêts… ». Écrit Le Miroir le 10 décembre 1939. L’opinion est convaincue de la puissance de feu de cette force impériale.

En juin 1940, à l’occasion du second Salon de la France d’outre-mer, les troupes coloniales défilent dans les rues de Paris et confortent un sentiment de toute-puissance de la France face à l’Allemagne. Pourtant, en quelques jours, c’est le désastre. De Dunkerque aux Vosges, les unités « indigènes » ont tenté de résister à la Blitzkrieg ennemie. Mitrailleurs malgaches et indochinois comptent parmi les premières unités françaises à subir l’attaque allemande du 13 mai 1940 sur la Meuse. Quelques jours plus tard, c’est au tour des régiments sénégalais et maghrébins de connaître le feu. Ces formations se battent courageusement, ce qui n’empêche pas la défaite. À l’humiliation des armes, va s’adjoindre la haine des troupes allemandes contre les troupes coloniales, particulièrement celles qui viennent d’Afrique noire ou des Antilles, et de nombreuses exactions et crimes sont dénombrés.

 


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