Expositions

La fin des « Zoos Humains » / A partir de 1930

« L’exhibition au Jardin d’Acclimatation des femmes à plateaux nous paraît être une initiative […] malheureuse. Le métropolitain n’a [plus] besoin qu’on lui fournisse de nouvelles raisons d’accumuler des idées fausses sur les indigènes des colonies. »

Paulette Nardal, Le Soir (1930)

Dans toute l’Europe, au Japon et aux États-Unis, les exhibitions humaines et coloniales disparaissent progressivement entre 1930 et 1940. Trois raisons majeures semblent expliquer ce déclin : le désintérêt des visiteurs comme l’indiquent plusieurs cas de faillites de spectacles et le fait que désormais le prétendu « sauvage » ne suscite plus la curiosité ; la volonté des empires de valoriser les effets de la « mission civilisatrice » contredit par le spectacle de « sauvages » ; l’avènement du cinéma qui offre au spectateur un imaginaire entrant directement en concurrence avec les « zoos humains ». D’autres raisons peuvent être aussi avancées, comme la présence de près d’un million de combattants étrangers sur le territoire européen durant la Grande Guerre ou les premiers flux migratoires non-européens qui rendent l’exhibition de ces peuples anachronique. Ces populations sont désormais mieux connues, moins étranges. Si la dernière manifestation officielle du genre a lieu à la veille des indépendances, lors de l’Exposition de Bruxelles en 1958, celle-ci suscite de nombreuses plaintes et contestations. Le temps des « zoos humains » est terminé, cent cinquante ans après l’histoire tragique et singulière de la « Vénus hottentote ».

 

Focus 1 : L’exposition universelle et internationale de Bruxelles (1958)

A l’occasion de cette exposition, Bruxelles espère promouvoir sa candidature comme siège des institutions européennes, en exaltant les notions de modernité et de progrès. Dans ce contexte, le discours paternaliste tenu par la Belgique sur sa colonie, le Congo belge, à travers l’installation d’un village congolais, choque. Après diverses polémiques et plaintes, notamment de jeunes étudiants congolais en Belgique, une grande partie des artisans décide de quitter le village congolais avant la fin de l’exposition.

 


Photos
Design : www.graphipro.com | Développement : equity