Expositions

Les pionniers européens dans le Onze national (1918-1954)

« Il y avait deux Autrichiens hors du commun : d’une part Gusti Jordan, de l’autre, le grand, l’unique Rudi Hiden... »

Oscar Heisserer, 1998

« [Il faut remonter à son trisaïeul pour retrouver trace de ses origines transalpines. Malgré son nom, il [Laurent Di Lorto] n’a donc rien d’un Français d’adoption ou d’occasion. »

Victor Denis, Le Miroir des sports, 1937

L’entre-deux-guerres, marqué par la professionnalisation du ballon rond en 1932, provoque l’arrivée d’une nouvelle génération issue de toute l’Europe. Ces joueurs fortement sollicités sont alors facilement naturalisés. De l’Espagnol Manuel Anatol au Roumain Joseph Kaucsar, en passant par le Yougoslave Yvan Beck ou le Polonais Ignace Kowalczyk, des Autrichiens, des Lorrains-Alsaciens nés allemands avant-guerre comme Willy Lieb, mais aussi les premiers Sud-Américains comme André Chardar, tous se rassemblent pour vivre de leur passion et jouent sous les couleurs bleu-blanc-rouge. Roger Courtois fait partie de ces hommes ayant rejoint les Tricolores au cours de l’entre-deux-guerres. Né en 1912 à Genève de parents français, cet attaquant intègre l’équipe nationale pour la première fois en 1933. Il totalise vingt-deux sélections en quinze ans de carrière et dispute son ultime match en 1947 à l’âge de 44 ans.

Lors de la Coupe du monde 1938, l’avant-centre suisse Roger Courtois est convoqué aux côtés du gardien de but italien Laurent Di Lorto, de l’Uruguayen Hector Cazenave, du Sénégalo-Guyanais Raoul Diagne, ainsi que des Polonais César Povolny et Ignace Kowalczyk. La France, à travers son équipe nationale, est alors le carrefour du monde. Riche de ses différences, elle n’est alors pas tricolore mais multicolore. L’Autrichien Gustav Jordan, également présent pour la Coupe du monde 1938, fait partie de cette génération de joueurs austro-hongrois venue en France suite à l’Anschluss comme Dezso Koranyi ou encore Heinrich Hiltl et Rodolphe « Rudi » Hiden. Mais la guerre va ralentir l’activité du football national et contrarier la carrière de nombreux internationaux à l’instar du Hongrois Andras Simonyi ou de l’Italo-Luxembourgeois Julien Darui (élu « gardien du siècle » par le journal L’Équipe en 1999) qui fut l’un des rares joueurs à être de nouveau sélectionné aux côtés des Tricolores durant l’après-guerre.

 

1918 Finale de la Coupe de France avec les Belges René Decoux et Louis Lambrechts
1929 Première sélection de Manuel Anatol, d’origine espagnole
1931 Le nombre de joueurs étrangers par équipe est limité à trois
1934 Coupe du monde en Italie (la France sort en huitième de finale)
1935 Sélection d’Yvan Beck, d’origine yougoslave et d’Édouard Wawrzeniak (dit « Wagi »), premier joueur d’origine polonaise
1936 Première sélection de Laurent Di Lorto, premier joueur d’origine italienne
1938 Coupe du monde en France
1939 Première sélection du gardien Julien Darui, d’origine italo-luxembourgeoise
1944 Yanek Swiatek marque le début de la génération des Polonais d’après-guerre
1945 À l’après-guerre, première sélection d’un joueur d’origine étrangère et né en France : Milo Bongiorni
1950 La France rate la qualification et est évincée de la Coupe du monde au Brésil
1952 Première sélection du Polonais Raymond Kopa (capitaine des Bleus), de l’Italien Roger Piantoni et du Hongrois Joseph Ujlaki, symboles d’une nouvelle génération d’immigration

 

 


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