Expositions

Le racisme dans le football

« Le football est un modèle ethnoculturel pour notre société, préservons-le de ce fléau qu’est le racisme. »

Abdeslam Ouaddou, parrain de l’initiative Non au racisme, 2008

« En gros, si je marque, je suis français, et si je ne marque pas, je suis arabe. »

Karim Benzema, 2011

La question du racisme dans le football est un sujet récurrent depuis l’intégration des premiers joueurs des colonies ou d’origine étrangère en équipe de France ou dans les compétitions en France. Déjà, en Afrique du Nord, au temps des colonies, les équipes étaient séparées. À cette époque, les autorités coloniales avaient peur d’éveiller un sentiment national et voulaient maintenir la ségrégation. Le racisme ne touche pas seulement la France : dès 1921, le président du Brésil, Epitacio Pessoa, décidait par décret qu’il était interdit de sélectionner des joueurs à la « peau brune ». Cinquante ans plus tard, le racisme anti-arabe, au même titre que celui contre les Afro-Antillais, commencera à être timidement combattu par les autorités du football à la fin des années 1980. Le racisme anti-arabe des années 1970, la crise des banlieues dans les années 1980 et les questions autour de l’intégration dans les années 1990 ont, à chaque fois, trouvé un écho dramatique dans le football et sur les terrains. Les attentats de janvier 2015 et la vive polémique suscitée par Abdelhamid El Kaoutari, n’ayant pas revêtu le tee-shirt « Je suis Charlie », en sont les signes les plus récents.

En 2009, l’UEFA a décidé que l’arbitre pourrait interrompre le match si des incidents racistes étaient suffisamment graves. Sans aller aussi loin, la FIFA adopte en 2000 une première déclaration contre le racisme et met progressivement en place de nouvelles actions et sanctions. Enfin, auprès des supporters et du grand public, le réseau FARE a mis en œuvre de nombreuses actions depuis 1999 pour lutter contre le racisme comme, par exemple, la semaine « Football people – fiers de nos différences » en 2014. Tout le monde en convient, seules la pédagogie et la fermeté peuvent venir à bout du racisme dans les stades. Ces mesures ne parviennent pour autant à exclure les agressions racistes de plus en fréquentes. En 2011, Patrice Évra, alors qu’il joue pour Manchester United, se fait traiter à plusieurs reprises de « négro » par l’attaquant de Liverpool, Luis Suarez. En 2017, des cris de singes sont lancés à l’encontre de l’attaquant niçois Mario Balotelli par le public de Bastia. En 2013, alors qu’il jouait pour Associazione Calcio Milan, il se fait jeter des bananes par les supporters de son club. En 2018, lors du match amical Russie-France à Saint-Pétersbourg, Ousmane Dembelé, Paul Pogba et Kylian Mbappé ont également été visés par des cris de singe. Partout, la prise de conscience augmente, mais encore trop timidement face à ces actes racistes sur les pelouses et dans les stades.

 

1987 Le MRAP lance l’opération Foulées multicolores pour promouvoir la diversité française
1995 Racisme anti-Noir dans les stades italiens
1999 Création du réseau FARE (Football Against Racism in Europe)
2001 La LICRA lance la campagne contre les discriminations avec « Stoppons l’apartheid en France »
2002 Instauration d’une journée mondiale contre la discrimination et le racisme (FIFA)
2004 Thierry Henry est traité de « Noir de merde » par l’entraîneur espagnol
2005 Spot Stand up, speak up contre le racisme sur les stades
2008 Un supporter messin traite Abdeslam Ouaddou de « sale Arabe » et d’« espèce de singe »
2008 Création du site internet Non au racisme
2011 Scandale des quotas au sein de la Fédération française de football
2012 Polémique autour de Samir Nasri portant un maillot avec l’inscription « Eid Mubarack »
2014 Polémique autour de Yassine Benajiba et son tee-shirt « Free Gaza Palestine »
2016 La LICRA lance la campagne contre les discriminations dans le sport « #CoupdeSifflet »
2017 Polémique autour d’Antoine Griezmann grimé en basketteur noir (Black face)

 


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