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L’âge d’or européen: des années noires à la génération magique (1938-1958).

« Il y avait deux Autrichiens hors du commun : d’une part Gusti Jordan, de l’autre, le grand, l’unique Rudi Hiden, un ancien de la Wunderteam et un sacré « carafon » que je continue à considérer comme le meilleur gardien de tous les temps. »

Oscar Heisserer, 1998

À la veille de la Seconde Guerre mondiale et suite à l’Anschluss, l’équipe de France accueille une majorité de joueurs austro-hongrois comme Deszo Koranyil, Gustav Jordan ou encore Heinrich Hiltl et Rodolphe « Rudi » Hiden, Autrichiens naturalisés français et récemment sélectionnés. Mais la guerre ralentit l’activité du football national — deux rencontres «officielles» pour les années 1940 et 1944 (respectivement face au Portugal et à la Belgique) — et vient contrarier la carrière de nombreux internationaux à l’instar du Hongrois Andras Simonyi, ou de l’Italo-Luxembourgeois Julien Darui (élu « gardien du siècle » par le journal L’Équipe en 1999) qui fut l’un des rares joueurs à être de nouveau sélectionné aux côtés des Tricolores après-guerre.

À la sortie du conflit, la France trouve son renouveau dans les nouvelles générations d’immigrés qui constituent un réservoir précieux. Entre 1948 et 1958, l’équipe nationale comprend vingt-trois joueurs d’origine européenne, dont 60 % nés en France métropolitaine. Cette nouvelle équipe — principalement issue des grandes vagues migratoires italienne et polonaise et constituée d’une véritable pléiade de stars comme Raymond Kopa, Maryan Winieski, Tadeusz Cisowski mais aussi Léon Glovacki, Roger Piantoni ou encore Lazare Gianessi — part à la conquête du titre mondial de la Coupe du monde 1958. L’équipe de France termine troisième, s’inclinant devant le Brésil et son magicien Pelé. Raymond Kopaszewski (dit « Kopa ») symbolise à lui seul le football français des années 1950. Il est né à Nœux-les-Mines, l’un des creusets de l’immigration polonaise dans le nord de la France. C’est grâce au football, sa véritable passion, qu’il échappe à sa destinée de mineur en se faisant remarquer dans l’équipe locale. En l’espace de dix ans (de 1952 à 1962), il joue quarante-cinq fois pour l’équipe de France. Surnommé « le Napoléon du football », il reçoit le Ballon d’or 1958 ainsi que le titre de meilleur joueur de la Coupe du monde 1958.

 

1939 Première sélection de Julien Darui, grand gardien de l’équipe de France d’origine italo-luxembourgeoise
1944 Yanek Swiatek marque le début de la génération des Polonais d’après-guerre
1945 Première sélection de Milo Bongiorni (premier joueur de l’après-guerre d’origine étrangère à être né en France)
1947 Heinrich Hiltl, deuxième joueur autrichien à remporter le championnat de France (après Rudi Hiden en 1936)
1950 La France rate la qualification et est évincée de la Coupe du monde au Brésil
1952 Première sélection de Raymond Kopa (Polonais et capitaine des Bleus), Roger Piantoni (Italien) et Joseph Ujlaki (Hongrois), symboles de la deuxième génération d’immigration
1955 Première sélection de Maryan Wisnieski qui devient, à 18 ans, le plus jeune international français
1957 Kopa, premier Français vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions
1958 La France termine troisième de la Coupe du monde en Suède

 


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