Memoire Combattantes

Expositions

Des décolonisations aux commémorations

« Par deux fois, le sang africain a été versé pour la liberté du monde et je ne l’oublierai jamais. »

François Hollande, discours de Dakar (12 octobre 2012)

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France fait de nouveau appel aux troupes coloniales pour rétablir son autorité dans toute l’Union française. Des bataillons sont engagés en Algérie, au Maroc, en Tunisie, à Madagascar en 1947 ou encore à Suez en 1956. La guerre d’Indochine mobilise le plus grand nombre de combattants : des tirailleurs et des Créoles. Puis, ce sera la mobilisation pour la guerre d’Algérie (1954-1961). Le temps des indépendances s’annonce en Afrique subsaharienne et à Madagascar en 1960. En 1958, les unités de tirailleurs changent d’appellation et deviennent des régiments d’infanterie de marine, des régiments interarmes d’outre-mer ou des bataillons autonomes. Dans les Dom-Tom, les appelés se fondent sans distinction dans les forces armées. Lorsque les indépendances africaines sont annoncées, les soldats africains (Bourama Dieme) rejoignent le plus souvent leur armée nationale.

Désormais, ce passé commun entre la France, l’Afrique et les outre-mer est présent dans les mémoires collectives et militaires. En 1994, la construction du mémorial de Fréjus ouvre un cycle. Les mémoires individuelles deviennent visibles, telles celle de Valentin Lindor, le dernier poilu martiniquais, ou celle des anciens combattants dans le documentaire-hommage aux dissidents d’Euzhan Palcy. Au-delà de ce récit mis en histoire, il s’agit aussi de laisser parler les lieux. C’est, par exemple, l’inscription de la mosquée de Caïs (construite en 1928-1930) à la liste des monuments historiques en 1987, mais c’est aussi l’hommage aux morts : en 1966, une opération de regroupement des corps a lieu dans la nécropole nationale de Luynes, près d’Aix-en-Provence. Au sein de l’armée française, on entretient ce souvenir : chaque mois de mai, la Fédération des Anciens des troupes de marine organise une journée en hommage aux soldats d’outre-mer.

Tradition et sauvegarde du patrimoine militaire s’organisent : le souvenir du 33e régiment d’infanterie de marine, héritier du 33e régiment d’infanterie coloniale est préservé aux Antilles, et il existe toujours un régiment de marche du Tchad (à Meyenheim) au sein de l’armée française. Il s’agit aussi de dépasser les souvenirs tragiques, sans les occulter, des événements dramatiques comme la mutinerie et la répression de Thiaroye, en décembre 1944. Désormais, une page, commune, d’histoire s’ouvre pour bâtir une mémoire partagée.


Photos

Design : www.graphipro.com | Développement : equity