Memoire Combattantes

Expositions

Mémoires et commémorations (Aujourd’hui)

« Par deux fois, le sang africain a été versé pour la liberté du monde et je ne l'oublierai jamais. »

François Hollande, Discours de Dakar, 12 octobre 2012

Autour de la découverte de ce passé commun, publications, commémorations, hommages et autres manifestations se sont multipliées. Dès octobre 1977, un tombeau du soldat inconnu d’Afrique du Nord est inauguré par le président de la République dans la crypte du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette. En 1994, c’est la construction du mémorial de Fréjus. Puis, en octobre 2013 à Miramas, l’association du mémorial des travailleurs indochinois convie élus et familles à une cérémonie en mémoires des Vietnamiens recrutés de force pendant la Seconde Guerre mondiale. À ces grandes manifestations célébrant la mémoire collective s’ajoute une reconnaissance de destins individuels. C’est le cas de Valentin Lindor, dernier poilu martiniquais, qui ne put faire valoir son statut d’ancien combattant que quatre-vingt ans après sa présence dans le 10e régiment d’artillerie français.

Au-delà de ces récits mis en histoire, il s’agit aussi de laisser parler les lieux : la mosquée du camp militaire de Caïs, construite entre 1928-1930, a été par exemple inscrite à la liste des monuments historiques en 1987. Au jardin tropical du Bois de Vincennes, un hommage est perpétué chaque année devant les différents monuments du Souvenir indochinois. Depuis une quinzaine d’années, ce passé commun fait de la France mais aussi de ses anciennes colonies, des terres de mémoire. Au Sénégal, lors de la journée du Tirailleur, on commémore la répression de la mutinerie de Thiaroye par les autorités françaises. De même, les morts pour la Grande Guerre sont célébrés au French War Memorial de Pondichéry. Cette histoire, qui lie la métropole, les Outre-mer, l’Afrique, le Maghreb, l’Asie et le Pacifique, s’inscrit au cœur d’un patrimoine commun.

Au sein de l’armée, tradition et sauvegarde du patrimoine militaire s’organisent : le souvenir du 33e régiment d’infanterie de marine, héritier du 33e régiment d’infanterie coloniale, est préservé aux Antilles ; de même, les Vietnamiens réfugiés en France comme soldats natifs du Pacifique servent toujours dans l’armée française, notamment dans deux unités d’infanterie de marine héritières du célèbre bataillon du Pacifique. Depuis les années 2000, la société civile prend le relais : la compagnie de théâtre Mémoires Vives et sa pièce À nos morts (2006), le film Indigènes (2005) qui rend hommage aux troupes maghrébines ayant libéré la France en 1943-1945… Par ces transmissions, ces pages d’histoire commune imprègnent la société dans son ensemble, jusqu’en avril 2017 où, un siècle après la Grande Guerre, la République rend hommage aux anciens tirailleurs sénégalais en donnant la nationalité française à une poignée d’entre eux.


Photos

Design : www.graphipro.com | Développement : equity