Memoire Combattantes

Expositions

L’Asie et le Pacifique dans la Grande Guerre (1914-1916)

« Partis là-bas, ils sont morts là-bas. Mais aujourd'hui leurs noms revivent. Roo, le dieu de la Guerre, fait entendre le salut des héros. Vive la France ! Vive Tahiti ! »

La reine Marau, Hommage aux soldats polynésiens, 1923

Lorsque la Grande Guerre éclate, les autorités coloniales proposent d’envoyer des contingents de combattants asiatiques et océaniens sur le front d’Europe. Une première mobilisation est lancée, dès août 1914, dans les Établissements français d’Océanie, visant d’abord à défendre la colonie polynésienne. À partir de 1916, des contingents de combattants indigènes quittent Papeete pour la métropole. Ainsi, on trouve la trace de plusieurs poilus tahitiens incorporés dans les unités françaises pour combattre sur les fronts de l’Ouest et d’Orient. En 1916, des recrutements forcés dans les tribus mélanésiennes sont la cause de plusieurs révoltes. Quant au recrutement en provenance de la péninsule indochinoise, le général Joffre refuse la mobilisation de bataillons « indigènes » dans un premier temps, estimant que les tirailleurs indochinois « ne possèdent pas les qualités physiques pour servir au front ».

Au moment de la mobilisation, le 2 août 1914, quinze mille militaires et douze mille cinq cents gardes indigènes servent en Indochine. Les régiments traditionnels de tirailleurs annamites et tonkinois vont subsister, mais leur encadrement européen est affaibli par le retour en métropole de nombreux officiers, sous-officiers et soldats métropolitains. Pour y pallier, des originaires des comptoirs des Indes sont affectés dans les formations de recrutement local. De plus, des combattants indochinois sont affectés dans des régiments jusqu’alors traditionnellement réservés aux Européens. Enfin des unités indigènes participent aux opérations menées aux confins lao-birmans.

Suite aux réticences de l’état-major, les militaires indochinois stationnés en France sont, dans un premier temps, maintenus loin des champs de bataille à l’exception de certains d’entre eux, comme le lieutenant Dô Huu Vi, pilote vietnamien décoré pour ses exploits de la Légion d’honneur. Mais, en 1915, les pertes enregistrées par l’armée française imposent au haut commandement le recours aux combattants de l’Union indochinoise, de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie. Une vaste campagne de recrutement est alors entreprise dans la péninsule, au moyen de cinématographes ambulants, de troupes de théâtre, mais aussi de distribution d’affiches et de tracts mettant en exergue l’idée de « patrie avant la famille » afin mobiliser les combattants… et les travailleurs.


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