Memoire Combattantes

Expositions

La « Force Noire » (1900-1913)

« Dans l’état actuel de l’Europe, la Force noire fait de nous le plus redoutable des adversaires. »

Lieutenant-colonel Mangin, La Force noire, 1910

En 1900, les troupes destinées à servir outre-mer, constituées d’Européens et de «combattants indigènes», connues sous le nom de troupes de Marine, passent au ministère de la Guerre sous le nom de troupes coloniales. À partir de 1908, les tirailleurs sénégalais sont engagés dans la campagne du Maroc, première utilisation hors des colonies d’Afrique subsaharienne française ou de Madagascar. Des combattants — tel Mamadou Racine en 1884 —, commencent à être intégrés dans l’encadrement, structurant de plus en plus ces troupes africaines. L’espace colonial s’étend un peu plus avec la création de l’Afrique équatoriale française en 1910, et l’idée s’affirme que ces « troupes noires » pourraient être employées hors du continent africain.

 

C’est dans ce contexte que le général Mangin théorise, dans son ouvrage La Force noire (1910) l’utilisation de ces unités. Dans un climat de crainte d’une nouvelle guerre contre l’Allemagne, le Parlement, la presse et une partie de l’opinion publique se passionnent pour le projet. Le gouvernement français organise et développe dans le même temps la conscription dans tout l’empire, et notamment en Algérie et dans les « vieilles colonies ». À la veille du conflit, cette force va être glorifiée par la République.

 

Le défilé du 14 juillet, qui se déroule traditionnellement à Longchamp, regroupe, en 1913, toutes ces troupes issues de l’empire colonial. Quand les unités annamites, malgaches et algériennes reçoivent leur drapeau en une cérémonie unique qui consacre leur reconnaissance, l’emblème du 1er régiment de tirailleurs sénégalais reçoit la Légion d’honneur des mains du président de la République, Raymond Poincaré. Il s’agit de la plus haute distinction que la Nation accorde à une unité. Pour être présents à cette cérémonie, les tirailleurs sénégalais ont débarqué à Marseille quelques semaines plus tôt, parfois avec «Madame tirailleur» et leurs enfants, comme en témoigne une série de photographies exceptionnelles. À cette date, les tirailleurs sénégalais comptent au total trente-cinq bataillons, soit trente mille hommes, dont une partie sera engagée un an plus tard au cœur des combats.


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