Memoire Combattantes

Expositions

Au origines des troupes des colonies

"Des forces dociles et barbares comme il en faudra toujours pour gagner cette partie barbare et inévitable, la guerre…"

Eugène-Melchior de Vögué, Les Morts qui parlent, 1899

Dès le XVIe siècle, les premiers navigateurs européens abordant les côtes de l’Ouest de l’Afrique ont recruté des « auxiliaires indigènes ». Ces supplétifs noirs et mulâtres sont les ancêtres des tirailleurs sénégalais. Dans les « vieilles colonies » (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion), l’habitude est d’avoir recours à des esclaves pour assurer la défense du territoire. Les campagnes de la Révolution française et de l’Empire feront émerger de véritables unités régulières, qui constituent une des composantes, en 1803, du bataillon des pionniers noirs. En Afrique de l’Ouest, les tirailleurs sénégalais deviennent des unités régulières en 1857. Ils participent aux campagnes coloniales africaines, au Soudan (1886-1891) ou au Dahomey (1890 et 1892-1894). Le ministère des Colonies se lance dans la seconde expédition de Madagascar (1894-1895), s’appuyant en partie sur les combattants d’Afrique de l’Ouest et d’Algérie et sur un contingent réunionnais. La colonisation de l’île est l’occasion de lever des troupes sakalaves de l’île de Madagascar ainsi que des Comoriens. En 1898, cette expansion française en Afrique est freinée par les Anglais à Fachoda. Malgré cet échec, les tirailleurs sénégalais, de retour de Fachoda, défilent à Paris, en 1899, derrière le commandant Marchand et sont acclamés par les Parisiens. À la suite de l’expédition d’Égypte (1798-1801), l’article 12 de l’acte de capitulation des Français précise le statut des futurs « rapatriés » : ils sont libres de « suivre l’armée française ». Ces « Orientaux » sont regroupés au sein de la Légion copte, créée en avril 1800, puis intégrés à l’armée française en 1802 dans le bataillon des chasseurs d’Orient. Ils seront de toutes les campagnes napoléoniennes. À partir de 1830, avec la conquête de l’Algérie, des troupes régulières « indigènes » sont recrutées, au sein d’une armée dite « d’Afrique », parmi lesquelles des unités locales d’infanterie de zouaves. En 1834, un corps de cavaliers indigènes nommés spahis est mis sur pied, et passe ensuite à trois régiments. Les ordonnances royales de 1841 organisent les troupes d’infanterie indigènes en Algérie qui, vingt cinq ans plus tard, vont représenter une part importante des effectifs de l’armée d’Afrique, aux côtés des chasseurs d’Afrique, de l’infanterie légère, des zouaves et de la Légion étrangère, participant aux campagnes de Crimée (1854), d’Italie (1859), du Mexique (1861- 1867) et à la Guerre de 1870 sous le qualificatif de « Turcos ». En 1884, un quatrième régiment sera créé en Tunisie après l’établissement du protectorat.


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