Expositions

Paris, carrefour des Suds

Inspirée des ouvrages Le Paris noir, Le Paris arabe et Le Paris Asie, cette exposition réalisée à l’occasion du 50e anniversaire des indépendances africaines (1960) est un regard porté sur la présence des Suds et de leurs multiples influences sur Paris et sa région depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Plusieurs identités se croisent et investissent des quartiers, des communes, des usines marquant ainsi leur présence et leur visibilité à travers une culture, des activités économiques et des engagements politiques. Jusqu’aux années 40, Paris met en scène « ses » colonies lors des grandes expositions, fait appel à son Empire lors des deux conflits mondiaux ou afin de développer son industrie et ses arts.

De passagère ou exceptionnelle en temps de guerre ou de reconstruction, l’immigration se fait durable, avec l’installation des migrants et le regroupement familial au milieu des années 70, et va se fondre dans la ville avant d’investir la petite, puis la grande couronne. On estime, qu’aujourd’hui, un cinquième de la population francilienne est d’origine ultramarine, symbole d’une histoire métissée. Capitale des libertés, toutes les grandes figures politiques et littéraires y feront leurs « classes politiques ». Cette présence influence la vie politique, culturelle et sociétale, mais suscite aussi des réactions xénophobes, notamment en période de crise. Selon les époques, l’image de ces migrants est mouvante, oscillant entre fascination et rejet, invisibilité et invasion. La vague liée à la Grande Guerre provient d’Afrique et d’Indochine, elle sera suivie dans les années 20 par des travailleurs maghrébins et chinois.

Durant les Trente Glorieuses, des travailleurs algériens seront recrutés avant que ne soient accueillis les réfugiés du Sud-Est Asie, des migrants originaires des Antilles ainsi que ceux d’origine subsaharienne accompagnés de leur famille dans les années 70. Ces présences redessinent la typologie de la ville et de la région. Puis, les nouvelles générations nées en France réclament l’égalité des droits avec la marche de 1983, mais aussi le droit à la reconnaissance pour leur mémoire oubliée. À la fois espace d’intégration et d’exclusion, Paris et sa région cultivent ce paradoxe. Si la France célèbre les artistes et les sportifs d’origine immigrée, les soubresauts politiques et sociétaux de la dernière décennie reflètent des problèmes de la société française et signifient que notre époque éprouve encore des difficultés face à la diversité. C’est pourquoi ce regard sur le passé est essentiel pour que chacun trouve sa place au sein d’une histoire commune au cœur de la région-capitale.

 


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