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Nouvelles générations, nouveaux regards

La fin des années 70-80 voit la région Grand-Ouest s’inscrire pour la première fois dans une dynamique migratoire supérieure à la moyenne nationale. La Bretagne connaît un flux toujours plus important en provenance de l’Algérie, du Maroc, de la Turquie, de Madagascar et d’Asie du Sud-Est (plusieurs centaines de réfugiés politiques ont été hébergés à Rennes en 1975 au centre Guy-Houist et cette présence s’impose comme un des particularismes forts de la région). Les réfugiés laotiens, vietnamiens ou cambodgiens occupent le devant de la scène médiatique et leur arrivée est omniprésente dans la presse locale. Il est temps pour les immigrés, plus nombreux désormais, de sortir de l’invisibilité.

Si la Bretagne reste une région au militantisme modeste, dû au faible taux et à la dispersion des immigrés, la lutte contre le racisme dans les années 80 a tout de même existé à travers les marches nationales parties des régions. Enfin, la multiplication des commerces « exotiques » et la concentration des populations immigrées dans certains quartiers des villes restent sans doute, la marque la plus visible de la présence durable des Suds en Bretagne. La diversité de ces immigrations ouvre sur les cultures métissées, les univers associatifs « communautaires », les régimes de filiation et de créolisation, mais aussi sur les influences artistiques et architecturales sans précédent pour la Bretagne.

De nombreuses associations ont été créées au cours de ces années avec pour objectif « l’intégration » des immigrés (ou leur « reconnaissance »), mais aussi pour dynamiser la vie culturelle et religieuse. Les conditions de logement sont alors une priorité pour les associations de soutien aux immigrés : à Collinée, la communauté malienne est logée dans deux collectifs HLM, amenant la population locale à identifier ce quartier comme le « quartier des Maliens » alors que les conditions de l’habitat se dégradent. En 2009, c’est ici que le spectacle Afro Breizh sera présenté, contribuant à changer l’image de cette présence.

En 1999, selon le recensement fait par l’Insee en Bretagne, il y a un peu moins de quatre mille sept cent cinquante Marocains dont plus d’un tiers sont français par acquisition (contre 10 % pour les migrants turcs). De même, sur deux mille cinq cents Algériens, un peu moins d’un millier sont français par acquisition, contre les trois quarts pour les Vietnamiens sur une population d’un peu moins de deux mille personnes. Mais la crise sociale est omniprésente ici comme ailleurs. Le Grand-Ouest et la Bretagne connaissent d’ailleurs des crises ponctuelles, certes moindres qu’ailleurs, mais aussi symboliques d’une situation qui se dégrade. En novembre 2005, le Grand-Ouest est à l’unisson du reste de la France et les émeutes touchent des villes comme Rennes, Quimper ou Brest, mais aussi de plus petites communes.


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