Expositions

Le temps de l’exotisme (1870-1913)

Dans le dernier tiers du XIXe siècle et à la Belle Époque, dominent en Bourgogne-Franche-Comté des flux migratoires frontaliers en provenance de Suisse ou d’Alsace-Lorraine annexée par les Allemands, que complète l’arrivée de Méditerranéens : maçons et terrassiers italiens, parfois confrontés à l’hostilité des autochtones, ou commerçants de fruits et légumes d’origine espagnole. La région est également un lieu de passage pour les nombreux étrangers se dirigeant vers Lyon ou Paris et leurs périphéries. Parallèlement, le développement par la IIIe République d’un vaste empire colonial favorise les premiers contacts avec les populations originaires des outre-mer à l’occasion des conflits, des manifestations patriotiques ou des expositions locales. Lors de la guerre de 1870, les tirailleurs algériens ou turcos participent à la bataille de Montbéliard et marquent les imaginaires des populations de la région.

À partir de la fin du XIXe siècle, les relations intenses avec l’espace colonial s’illustrent par la création des expositions universelles (à Paris en 1878, 1889 et 1900) ou des expositions coloniales (comme celle de Lyon en 1894), qui développent la mode des exhibitions ethnographiques. On pense notamment aux villages noirs présentés à Dijon en 1898, à Lons-le-Saunier en 1905, mais aussi à celui de l’Exposition nationale d’Auxerre en 1908, qui tous suscitent le vif intérêt des populations locales, prêtes à payer un droit d’entrée supplémentaire pour profiter de cette attraction nouvelle au fort parfum d’exotisme. Dans le même temps, l’orientalisme s’incarne à travers la figure du docteur Philippe Grenier, premier député musulman de l’histoire de France, élu en 1896 par les très catholiques électeurs de Pontarlier. C’est aussi des États-Unis qu’arrive une nouvelle forme de spectacle. Des encarts de presse annoncent ainsi le passage, en 1896 à Dijon puis à l’été 1905 dans l’ensemble de la région (Belfort, Vesoul, Besançon, Lons-le-Saunier, Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Le Creusot, Nevers, Auxerre et Sens) du Wild West Show de Buffalo Bill. Ces Indiens, artistes japonais, danseurs marocains et animations de cirque attirent un vaste public. L’exotisme colonial affleure également sur de nombreuses enseignes de boutique et affiches publicitaires vantant les mérites des produits coloniaux à grand renfort de stéréotypes les plus divers.

En parallèle, les établissements Schneider & Cie du Creusot accueillent, avec les honneurs protocolaires dus à leur rang, des monarques et visiteurs de marque venus de Chine, du Japon, de l’Empire ottoman, de Perse ou du Maroc. Ils cherchent tous à moderniser leurs armées à la veille d’un conflit qui s’annonce comme mondial.


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