Expositions

Appel à l’Empire, appel aux Alliés (1914-1918)

Durant la Première Guerre mondiale, la Bourgogne-Franche-Comté est située en retrait du front et constitue un lieu privilégié de casernement, d’entraînement ou de repos pour les soldats coloniaux. Engagée dès 1914 dans les durs combats de la Marne puis ceux de l’Artois, la division marocaine passe l’été 1915 dans le nord de la Franche-Comté où, tout en se reconstituant, elle reçoit les honneurs de personnalités militaires et civiles. Cette présence des troupes coloniales marque fortement les imaginaires. En effet, un tableau de l’artiste Paul Michel Dupuy met en scène, deux ans plus tard, le cantonnement des tirailleurs sénégalais à Chavannes-les-Grands dans le territoire de Belfort. Tout au long du conflit, l’héroïsme de ces combattants, leurs exploits et les journées patriotiques continuent d’imprégner localement les esprits. Avec l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, des régiments, notamment composés d’Africains-Américains, stationnent temporairement ou plus durablement dans la région. Le 370e RIUS fait ainsi profiter durant quelques semaines la population de Grandvillars de sa fanfare, alors qu’à Is-sur-Tille naît un important camp logistique engendrant la construction d’une nouvelle gare. En outre, parmi la vingtaine d’hôpitaux américains construits en France durant le conflit, plusieurs l’ont été dans la région : à Beaune et Allerey-sur-Saône en Côte-d’Or ou à Mesvessur-Loire et Mars-sur-Allier dans la Nièvre.

Des travailleurs coloniaux (principalement maghrébins et indochinois) et des recrutés sous contrat chinois apportent également leur force de travail dans les mines de Ronchamp, Blanzy ou La Machine, les usines métallurgiques du nord de la Franche-Comté, ainsi qu’à la poudrerie de Vonges en Côte-d’Or ou au sein des établissements Schneider & Cie au Creusot. On les retrouve par ailleurs dans les forêts du massif jurassien, comme d’autres bûcherons italiens, canadiens, américains ou russes, mais aussi occupés à la construction et la réfection de routes. Ces ouvriers sont particulièrement suivis et contrôlés car les autorités souhaitent limiter au maximum leurs interactions avec les populations locales. Dès leur arrivée à Marseille, ils font l’objet d’un encartement, réservé avant la guerre aux seuls nomades, et leur liberté de circulation est restreinte. Malgré cela, les populations locales connaissent alors un premier contact avec les coloniaux, notamment dans le monde du travail, qui se poursuit après-guerre. Ces quatre années de conflits ont finalement rendu plus proches des ailleurs jusqu’alors méconnus. Belfort, dernière gare avant le front, reçoit ainsi plusieurs hôte s de marque, parmi lesquels, en décembre 1918, l’émir Fayçal, compagnon de Lawrence d’Arabie et futur roi d’Irak, dont les serviteurs sont habillés de « brillants costumes orientaux » et portent poignards et carabines.


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