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L’appel à l’Empire (1914-1919)

Depuis des années déjà, voyant s’accroître son déficit démographique face à l’Allemagne et croyant encore à une guerre menée par de gros bataillons d’infanterie, la France puise dans les ressources humaines et économiques de son empire colonial des centaines de milliers de combattants et de travailleurs. Après les terribles hécatombes de la fin de 1914 et la découverte de la puissance destructrice de l’artillerie allemande, il faut reconstituer une industrie d’armement et d’approvisionnement dans des lieux éloignés des conflits et bénéficiant de certaines infrastructures.

Le Sud-Ouest offre des sites de choix. La main-d’œuvre ouvrière « libre » ou « recrutée administrativement » débarque également dans le Sud-Ouest. Les premiers arrivés qui découvrent la région sont des Annamites affectés aux centres et écoles d’aviation de Pau et de Cazaux. Toutefois, les travailleurs coloniaux sont confrontés à un indéniable racisme populaire et aux tensions sociales que suscite leur présence. En 1917, plusieurs mouvements de grève surviennent à Bordeaux, où l’on proteste contre « ces nègres [qui] viennent prendre la place des femmes de mobilisés qui ont besoin de gagner leur vie… ».

Le Sud-Ouest permet également d’installer les divers hôpitaux complémentaires et centres de convalescence comme à Arcachon, La Teste, Le Courneau ou Andernos. À partir d’avril 1918, des combattants – notamment des afro-américains ou les troupes coloniales au moment des hivernages – débarquent et côtoient la population française comme à Pauillac.

L’état major américain prend alors des mesures pour en limiter les « contacts » avec locaux. Ils n’empêcheront cependant pas les rencontres, et les Bordelais découvriront les premiers airs d’un rythme nouveau : le jazz. Enfin, à l’heure du bilan en 1918, la France songe plus à vanter son action outre-mer, source de l’immense effort de guerre produit, qu’à rappeler le rôle des hommes venus des Suds. Ces « immigrants » permettront toutefois de sensibiliser les Français à un empire dont ils ne se préoccupaient pas vraiment jusqu’alors.

 


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