Bibliographie

Timéra Mahamet, Les Soninké en France : d’une histoire à l’autre, Éditions Karthala, 2000.

Originaires du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, les Soninké représentent l’une des premières immigrations de travail d’Afrique noire en France. Leur sédentarisation et la familialisation tardive de leur immigration reposent sur deux caractéristiques : la dynamique communautaire ethnico-villageoise et une certaine marginalisation sociale des acteurs. Les immigrations actuelles iront fatalement vers une fusion dans le « creuset français », mais la société française semble s’ouvrir vers la constitution durable d’espaces sociaux, culturels et religieux allogènes.

Abdallah Mogniss H., J’y suis, j’y reste ! Les luttes de l’immigration en France depuis les années soixante, Reflex, 2000.

Ce livre retrace au fil des luttes la continuité historique et les moments de rupture qui ont profondément transformé le visage de l’immigration, une réalité devenue incontournable de la société française. Raconter ces luttes, c’est aussi analyser la pertinence des revendications et leur évolution, la question de l’autonomie et des rapports Français-immigrés, leurs implications dans un mouvement d’émancipation sociale plus global. J’y suis, J’y reste ! met en lumière certains débats internes aux mouvements et contribue ainsi à donner des pistes de réflexions pour les luttes à venir.

Bancel Nicolas, Blanchard Pascal et Lemaire Sandrine, « L’Afrique noire inventée: de la Première Guerre mondiale aux Indépendances », Historiens et Géographes, revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie, n°367, juillet 1999.

Les représentations de l’Afrique noire produites par la métropole, depuis l’après Guerre mondiale jusqu’aux décolonisations des années 1960, s’articulent autour d’une idéologie dont les maîtres-mots sont progrès et morale civilisatrice. Qu’il s’agisse d’y apporter la « Morale » nécessaire pour transformer le « sauvage » en « civilisé » ou bien le « Progrès » indispensable pour le « bien-être », l’ensemble de cette propagande offrait au public un reflet de l’Empire, mais un reflet déformé parce qu’imaginé et ordonnancé par le colonisateur pour un public européen.

Gastaut Yvan, L’immigration et l’opinion publique sous la Ve République, Le Seuil, 1998.

Tout récemment, une enquête constatait que la xénophobie, en France, était en cours de régression dans l’opinion publique. Cette « pacification » française, à l’heure même où les thèmes de l’immigration et de la sécurité semblent monopoliser le débat public, est amplement vérifiée par les travaux d’Yvan Gastaut. Les heures noires du racisme, de l’hostilité violente à l’étranger, seraient derrière nous. Et opportunément, l’auteur s’est fait l’historien de cette évolution, depuis la décolonisation, les crises économiques, jusqu’à ce que la France accepte mieux sa diversité.

Assouline David, Lallaoui Medhi, Un siècle d’immigration en France, 1945 à nos jours, Syros, 1997.

Un siècle d’immigration en France, une série de trois ouvrages pour présenter à travers des textes et des images les diverses communautés en respectant autant que possible la chronologie de leurs arrivées massives en France sont évoqués et décrits les conditions de travail et de vie de ces immigrés, leurs espoirs, leurs malheurs, les luttes, les guerres, les événements de l’histoire contemporaine de la France auxquels ils ont pris part sans que l’histoire officielle ne le reconnaisse à sa juste valeur (la Commune de Paris, la Première Guerre mondiale, juin 1936, la Résistance, les Trente Glorieuses…).

Recham Belkacem, Les Musulmans algériens dans l’armée française (1919-1945), L’Harmattan, 1996.

A travers l’étude des musulmans algériens dans l’armée française de 1919 à 1945, on découvre un autre aspect de la colonisation française : celui de l’exploitation du potentiel humain qu’offre cette colonie pour servir l’expansion coloniale d’une part et la défense de la France métropolitaine d’autre part. Cette étude couvre trois aspects essentiels : le premier est exclusivement militaire. Le deuxième est social, voire culturel. Le troisième est l’analyse du statut des musulmans dans l’armée française.

Assouline David, Lallaoui Mehdi, Un siècle d’immigrations en France : de la mine au champ de bataille (1851-1918), Syros, 1996.

Agriculture, artisanat, industrie, la France moderne se construit avec les Français et les immigrés Le déficit démographique est important, les paysans français résistent à l’exode et à la prolétarisation : les immigrés, qu’ils soient belges, italiens, anglais, espagnols, juifs d’Europe orientale, sont appelés à prendre emploi en France. Subissant la xénophobie ambiante, ils vivent aussi le Temps des cerises. Puis les usines d’armement recruteront Indochinois, Maghrébins et Européens. Et quand viendra le moment de secourir la patrie, les coloniaux seront aussi réquisitionnés.

Design : www.graphipro.com | Développement : equity