Expositions

Les « bâtisseurs d’Empire » (1922-1942)

« Tous ceux dont la vie s’est consacrée à la politique coloniale peuvent tenir le même langage. Ils ont rempli leur devoir national. »

L’Empire colonial français (1929)

A la fin de la Première Guerre mondiale, Français et Britanniques se partagent l’ancien domaine colonial allemand en recevant « mandat » sur ces territoires. La France prend possession d’une partie du Togo et du Cameroun en Afrique, finalisant ainsi les frontières de son empire. Dans le même temps, la propagande coloniale s’intensifie pour promouvoir l’empire et convaincre les Français du bienfondé de cette politique de « mise en valeur ». Tous les moyens de promotion (par le texte, l’image, l’exposition ou le cinéma) sont utilisés et c’est tout un univers qui s’immisce dans le quotidien des Français, notamment au lendemain de la crise économique de 1929. L’empire colonial est alors présenté comme la « solution française » pour sortir de la grande dépression et redynamiser l’économie en développant un « marché autarcique ».

Mais cette propagande, orchestrée par la IIIe République, a aussi d’autres objectifs plus politiques et plus diplomatiques. En effet, face à la Société des Nations (SDN) naissante, il convient de légitimer la politique impériale française, mais aussi de répondre à la volonté des colonisés concernant leur indépendance (à l’image de l’Égypte en 1922). Il faut aussi répondre à l’Amérique et au discours du « droit des peuples » du président Woodrow Wilson (1918), contrecarrer le communisme et sa propagande façonnée à Moscou par le Kominterm et récuser les revendications coloniales allemandes, à partir de 1933, et italiennes sur la Savoie, Nice et la Tunisie. Tout le discours et la mise en scène propagandiste de ces années charnières s’inscrivent dans ce contexte. Le mythe du soldat investi d’une morale coloniale s’impose et l’image du conquérant s’efface derrière celle des « bâtisseurs d’empire », tels Lyautey et Gallieni. Ce sont des « héros » qui font régner la « paix républicaine » dans les colonies, une paix qui justifie la séparation des populations et le code de l’indigénat. Sa force, c’est sa présence ; son autorité, c’est son savoir ; sa légitimité, c’est d’être naturellement un guide. Aux côtés du colon-bâtisseur et du soldat-administrateur, le missionnaire s’affirme comme l’allié naturel de la République outre-mer.L’iconographie s’organise autour de trois figures magistrales, tout en soulignant l’esprit de sacrifice de ces « agents de la foi chrétienne » aux côtés de la République, avec de grandes figures d’édification comme Charles Lavigerie ou Charles de Foucauld en Afrique, André Vacquier ou Jean Cassaigne en Indochine.


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