Juillet 2013, Avignon, une actrice participe à la performance « Exhibit B » de l’artiste sud africain Brett Bailey, Franck Pennant, AFP

Ne créons pas des murs entre les communautés.

L’appel du collectif en France est « sans appel » : « Il est déjà surprenant que dans des quartiers mixtes au nord de Paris, on invite la population multiethnique à venir apprendre sur le racisme d’un Sud-Africain blanc ». Un Blanc (même né en Afrique) ne pourrait comprendre l’incroyable horreur des zoos humains. Un Blanc n’a pas le droit de « faire cela ». Et l’appel de poursuivre : « C’est d’autant plus choquant que les possibilités pour des artistes noirs de présenter leur œuvre dans des centres culturels prestigieux sont extrêmement limitées. » C’est aux artistes noirs, et à eux seuls, de parler de ce thème. Curieuse manière d’oublier ceux qui font déjà un travail sur ces enjeux depuis des années, comme Coco Fusco, qui se met en cage pour dénoncer ces exhibitions, comme Bintou Dembélé, avec son spectacle de danse Z.H., ou la photographe Ayana V. Jackson, qui reprend des photographies de zoos humains, les détourne et se met elle-même en scène dans ces constructions racistes du regard.

De tout cela, aucune mention. Aucune référence. Comme si tout devait s’abattre sur ce Blanc qui ose « montrer » des Noirs. Bien pire, un Blanc sud-africain, marqué à jamais par l’apartheid… L’enjeu est majeur. Déconstruire les zoos humains, en parler, expliquer est complexe, tant a été la puissance du phénomène. Oui, le spectacle Exhibit B est choquant, c’est sa fonction.